Catherine Izzo - Photographe

 

Marseille

 


L'éblouissement, chaque matin, ce contraste brutal entre lumière et ombre, je ne parviens pas à les faire miens. Je ne vois rien. Et je ne sais toujours pas, les années passant, comment saisir cela.
J'aime photographier Marseille la nuit sous la pluie, en noir et blanc parce qu'à ces instants-là, j'y trouve une poésie que je ne vois pas sous le soleil de midi. Fille du Nord, cette ville continue de me dérouter, sa lumière si particulière, chaque jour différente, parfois trop violente. Marseille "décor" m'intéresse peu.
La nuit sous la pluie, Marseille me rappelle cette fois où je débarquais au Caire, trempée par le déluge qui dégringolait du ciel. A traîner vers La Major, je me crois à Beyrouth ; à la Plage du Prophète, face à la Méditerranée déchaînée, je suis en Bretagne.
Parce qu'il y a cela aussi : Marseille, pour moi, contient toutes les villes.
Jean-Claude Izzo a écrit un jour que "Marseille ne se photographie pas". Après en avoir souri, pensant que comme tout bon marseillais, il exagérait, je mesure aujourd'hui toute la justesse de cette affirmation. Marseille, pour moi, ne se laisse effectivement pas photographier d'emblée.

 


























 

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